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Musique / Music of the world

Machine Gun Kelly, nuances de lumière

Machine Gun Kelly, nuances de lumière

Le commencement

Machine Gun Kelly, de son vrai nom Richard Colson Baker, est une parfaite illustration du scénario sur-utilisé du gamin qui a fait du néant une richesse.

Né à Houston, il passe ses premières années à voyager au gré des jobs de ses parents. Egypte, Allemagne, États-Unis, (…), lui qui a appris l’arabe avant l’anglais parental peut s’appuyer sur un environnement culturel épanouissant de part ses différents voyages. Mais lorsqu’on a pas encore 10 ans, l’absence d’un foyer stable peut vite se traduire par un manque de repères.

Cela est d’autant plus valable quand ses parents se séparent, et que le jeune Kells doit vivre seul avec son père dans un climat conflictuel. L’autorité parentale omniprésente amenait à des disputes fréquentes, qui se transformèrent peu à peu en violence.

À 14 ans, un ultime déménagement à Cleveland permet à l’adolescent de se stabiliser, et enfin de se sentir chez soi. L’intégration dans cette ville de l’Ohio ne fût pas facile pour lui, notamment au niveau scolaire. Un petit blondinet qui s’initie au rap dans un collège majoritairement composé de jeunes noirs ne passe pas inaperçu, ce qui a fait de lui une cible pour ses camarades.

Parce que oui, cette période fût celle de l’éveil d’une conscience musicale pour Kells. En plus de ses influences metal et punk rock, il écoute puis s’inspire du flow rythmé et agressif de DMX, du sarcasme textuel de Ludacris, et de la sincérité de Tupac pour commencer à se différencier.

Ainsi est né le personnage de Machine Gun Kelly, dont le nom est inspiré d’un des plus célèbres gangsters de l’époque de la prohibition : George « Machine Gun » Kelly. Flippant.

Cependant, même l’obtention de son diplôme n’arrangea pas les rapports avec son père, et après une ultime bagarre durant laquelle ce dernier essaya de l’étrangler, il quitta le foyer parental.
18 printemps et nulle part où aller, c’est ce qu’on pourrait appeler le néant.

Dans la foulée, il perd le job qui lui permettait de payer son loyer, sa petite amie tomba enceinte, et il se mit à dealer. Une période difficile, qui affirma un peu plus son style musical engagé.
Mais cette année là fût aussi celle de sa rencontre avec Ashleigh VeVerka, une salarié des Ohio Hip-Hop Awards. Elle croyait en son talent, mais aussi en son énergie et sa détermination presque folle.

Peu à peu, ce nouveau foyer est devenu un studio pour le jeune rappeur, et Allenprit le rôle de producteur. C’est dans cette « Rage Cage », comme ils aiment l’appeler, que MGK et ses potes enregistrent Lace Up, la mixtape qui attire l’attention de P. Diddy.
Son travail non-censuré et indépendant lui permet de participer à l’un des shows de Diddy, et de se voir proposer un contrat de 2 albums avec le label New-Yorkais Bad Boy / Interscope.
La mixtape fût finalisée et transformée en album, lui aussi appelé Lace Up, pour finalement sortir en 2012.

La genèse et l’histoire de ce paradoxe anarchique est racontée à même le corps du rappeur. Les tatouages sont pour lui un hommage : le nom de sa fille Casie sur les côtes, ou les nombres 216 et 303 relatifs à Cleveland et Denver le long de ses bras en sont des exemples.

Un art qui se transmet à ses cult following, ce groupe élargi de fans qui l’a propulsé vers la lumière et dont il est si proche, qui se tatouent à leur tour les messages portés par l’artiste.

Lace Up, 2012

Ce dernier clip fût en quelque sorte le fer de lance du premier album studio de MGK, Lace Up, sorti après 3 mois de travail acharné.

L’opus s’ouvre sur le titre Save Me, co-produit avec le chanteur et le guitariste du groupe de metal américain Avenged Sevenfold. Cette introduction est un instant de mémoire, durant lequel il rend hommage à ceux qui l’ont aidé, et qui lui ont en quelque sorte sauvé la vie.
Ainsi, nous pouvons comprendre que cet album est un aboutissement pour le jeune artiste, qui est conscient qu’il doit sa place aussi à ses cult following.

Mais c’est bien le titre Spotlight qui ouvre cet album, et qui dicte un peu le ton de celui-ci. Dans sa recherche d’un son plus instrumental, ce morceau est le premier entièrement joué à la guitare par MGK lui-même. Réalisé en collaboration avec Lzzy Hale, la chanteuse du groupe de hard-rock Halestorm, cette composition vous donne dès les premières secondes un aperçu intéressant de l’univers de l’opus.

Aussi talentueux soit-il, Kells semble être aussi fougueux que ses lives. Ce qui m’amène à modifier quelques lignes citées au début de cet article.
J’y expliquais que l’histoire de MGK était celle d’un gamin qui avait transformé le néant en richesse. Après réflexion, je dirais qu’il est un artiste qui oscille entre richesse et néant, du rêve de la scène à la dépendance journalière.
Une part d’ombre et de lumière qui continuera certainement d’influencer le rappeur dans ses écrits.

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